Guyane : stop à l’abandon !

Sur un marché en Guyane

Aujourd’hui, les Guyanais se font enfin entendre parce que leurs protestations deviennent si fortes que le gouvernement et les partis politiques ne peuvent plus faire la sourde oreille. Le mépris de la caste pour l’Outre-mer est affligeant. Le dernier exemple est bien sûr la méprise de M. Macron qui a qualifié la Guyane d’« île »… C’est pourtant en Guyane que la France trouve sa plus longue frontière terrestre, celle qui sépare notre pays du Brésil.

Pour ma part, j’ai toujours cultivé un vif intérêt pour l’Outre-mer et j’ai développé un véritable projet pour ces territoires. Je me suis rendue en Guyane en décembre dernier. J’ai échangé avec de nombreux Guyanais, dont le maire de Saint-Laurent-du-Maroni. J’ai vu les problèmes qui se posaient en Guyane et, je dois le dire, je ne suis pas étonnée qu’il y ait une révolte face à l’inaction et au mépris du gouvernement. La ministre des Outre-mer n’ose même pas se rendre sur place !

Pour ma part, j’ai proposé dès le début de la campagne un livret spécifique pour l’Outre-mer dans mon projet. C’est même le premier livret thématique que j’ai tenu à publier.

J’y développe ma vision et mes solutions pour améliorer la sécurité, en particulier en luttant contre l’immigration clandestine. En Guyane, voici les mesures que je prendrai sitôt élue : augmentation des effectifs de la Police aux Frontières de 50 %, doublement des effectifs du 3ème R.E.I. et de la Gendarmerie nationale, mise en place de moyens adaptés et supplémentaires d’intervention le long des cours d’eau afin de faire respecter la frontière de la France au contact du Brésil et du Surinam notamment, action diplomatique énergique à destination du Brésil et du Surinam afin de multiplier les coopérations en matière de lutte contre les trafics et afin d’envoyer un signal sans ambiguïté de maîtrise complète des flux migratoires.

En matière économique, pour rendre parfaitement identifiables les potentialités de nos territoires, et elles sont immenses, je regrouperai tous les dispositifs qui ont existé (lois Pons, Perben et Girardin, ZFA, LODEOM) dans des Zones Ultra-Marines Françaises d’Investissement Prioritaire (ZUFIP). La création de ces zones s’accompagnera :

– de la nomination d’un haut-commissaire à la coopération économique nommé par Bercy et susceptible d’être issu du monde de l’entreprise ;

– de la création d’une Agence Pour les Investissements Privilégiés d’Outre-Mer (APIPOM) chargée d’assurer depuis la Métropole la promotion de l’arsenal législatif et fiscal des ZUFIP et le suivi des projets réalisés auprès des investisseurs.

Ainsi, l’État stratège jouera de nouveau son rôle pour protéger et développer les potentialités de l’Outre-mer, avec une politique cohérente, suivie, efficace et de long terme.

Je développerai ainsi l’économie de la mer et celle de l’espace, qui est si importante en Guyane.
Je réformerai l’octroi de mer pour éviter qu’il conduise à un renchérissement de la vie quotidienne. En particulier, je veux :

– introduire une modulation de l’octroi de mer en fonction de la provenance des produits afin de rétablir une continuité entre l’économie de la Métropole et de l’Outre-Mer, en distinguant a minima la provenance des produits selon qu’ils viennent de pays membres de l’Union Européenne ou pas. Idéalement, nous souhaitons étudier la mise en œuvre d’un octroi de mer qui distingue d’un côté métropole et Outre-Mer et de l’autre le reste du monde.

– allouer les revenus de l’octroi de mer au soutien des politiques publiques de l’État stratège et des collectivités locales qui ont le maximum d’effets de leviers sur le développement économique

– organiser un comité de pilotage local dans chaque territoire, composé :
• des représentants des pouvoirs locaux ;
• des représentants de l’État ;
• d’un directeur des investissements appartenant au ministère d’État de l’Outre-Mer et de la Mer.

Cette autorité aurait également pouvoir d’agrément dans les ZUFIP de manière à coordonner les investissements privés et les politiques publiques, et à procéder aux évaluations régulières des dispositifs.

Les aides perçues par l’Outre-Mer au titre du budget national et/ou européen qui sont essentielles dans l’immédiat doivent être sanctuarisées. Elles ont vocation à évoluer de manière progressive vers un accord commercial destiné à revaloriser la part des grandes filières agricoles (banane, rhum, sucre essentiellement) de l’Outre-Mer dans le marché économique de l’Europe des Nations et ainsi protéger leur existence de la concurrence agressive des pays tiers.

Enfin, la réforme du système scolaire que je veux mener permettra de rendre aux jeunes des territoires d’Outre-mer des perspectives d’avenir concrètes pour construire leur vie dans le territoire où ils veulent vivre.

Le projet que je propose pour l’Outre-mer vise à cesser de mettre ces territoires aux marges de la République. Il sera porté par un ministère d’État chargé de la Mer et de l’Outre-mer. Le mépris actuel doit cesser. Certains présidents, comme Jacques Chirac, avaient développé un lien charnel et attentif avec l’Outre-mer : je veux renouer avec cette manière de faire.